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Objectifs de RiskInParis

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Neuilly est très calme et asnières plus mouvementée

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Dans la nuit, le petit groupe d'adolescents, probablement âgés d'une quinzaine d'années, a ouvert une armoire électrique. Des fils arrachés, un court circuit et l'éclairage public s'est éteint. Il est 23 heures, ce vendredi 12 juin, et les quartiers sensibles de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) se préparent à vivre une nouvelle soirée de tensions. Comme tous les week-ends ou presque depuis un mois, dans une effrayante routine, le face-à-face entre adolescents et policiers se met en place. Une demi-heure plus tôt, une patrouille avait déjà été la cible de jets de bouteilles. Cette fois-ci, les forces de l'ordre, qui accompagnent un camion de pompiers, reçoivent une pluie de tirs de "mortiers" - des feux d'artifice tirés à plusieurs dizaines de mètres grâce à un tube en plastique.

Une douzaine d'explosions assourdissantes, des gerbes d'étincelles tombent au-dessus des fonctionnaires. L'arrivée de renforts, équipés de casques, de boucliers, de Flash-Ball et de lanceurs de grenades lacrymogènes met fin à l'affrontement une petite dizaine de minutes plus tard. "Ils vont se calmer pour ce soir mais ils recommenceront demain soir", commente, désabusé, un père de famille qui regarde la scène depuis le parking. Les adolescents s'éparpillent dans les immeubles. Jusqu'à la prochaine fois.

Un an et demi après les émeutes de l'automne 2007, provoquées par le décès de deux adolescents dans une collision avec une voiture de police, le climat s'est à nouveau dégradé dans cette ville de 27 000 habitants, au nord de la région parisienne. Depuis début mai, c'est la quatrième fois que des groupes de jeunes s'en prennent violemment aux forces de l'ordre.

Le 9 mai, plusieurs dizaines d'individus, dont certains cagoulés, ont attaqué des policiers, blessant légèrement cinq d'entre eux. Au cours de ces incidents, deux habitants de Villiers-le-Bel ont été grièvement blessés à l'oeil, probablement touchés par un tir de Flash-Ball. Les 5 et 6 juin, les quartiers étaient secoués par de nouvelles violences. Cette fois, un CRS a fait l'objet d'une "tentative d'homicide", renversé par un jeune homme qui conduisait une voiture et qui a foncé sur lui, le traînant sur 70 mètres : le CRS n'a été que légèrement blessé. Jeudi 11 juin, les policiers ont à nouveau été pris à partie, victimes de jets de projectiles et, "vraisemblablement", de tirs de fusil ou de pistolet à grenaille.

Villiers-le-Bel traverse une phase critique, moins spectaculaire, moins concentrée qu'à l'automne 2007, où, en deux nuits d'émeutes, plus d'une centaine de policiers avaient été blessés et des dégâts considérables occasionnés. Mais la situation est jugée "très inquiétante" par la poignée de jeunes adultes qui font office de porte-parole de la jeunesse dans la ville.

Fin mai, après avoir été contactés par un rappeur de Seine-Saint-Denis, dénommé Larsen, qui fait partie des rares personnalités à pouvoir pénétrer dans tous les quartiers de la banlieue parisienne, six de ces "grands frères" ont été discrètement reçus par la secrétaire d'Etat à la ville, Fadela Amara, qui cherchait à établir des contacts directs dans la cité. Avec un intérêt bien compris : ces interlocuteurs, âgés de 24 à 30 ans, sont quasiment les seuls à disposer d'une autorité suffisante pour intervenir auprès des adolescents.

Aujourd'hui, ces "cadres" informels du quartier - qui travaillent comme commerçants, responsables d'associations ou patrons de leurs propres entreprises - disent craindre une implosion et lancent un "cri d'alarme". Sur les rapports avec la police et la mairie. Sur l'avenir des adolescents du quartier. Et sur la non-prise en compte, par la société française, des difficultés des banlieues sensibles. "On est à deux doigts de la catastrophe. Il y avait de la haine chez les petits, aujourd'hui c'est encore pire. Ça s'est dégradé depuis un an", explique Saïd, 28 ans, figure du quartier, gérant d'une petite entreprise spécialisée dans la finance. "Quand il n'y a plus de repères, plus d'avenir, on tombe dans une logique de kamikazes", prévient un des membres du groupe, commerçant de 24 ans, en demandant, comme les autres, un strict anonymat.

La discussion est interrompue par l'arrivée d'une patrouille de policiers. Sur la placette où se réunit le petit groupe, au coeur du quartier, forces de l'ordre et habitants se regardent en chiens de faïence. Les premiers se déplacent, Flash-Ball en main, parfois pointé vers les étages, en longeant les murs pour éviter d'éventuels jets de projectiles. Les seconds les dévisagent en silence. Pas un mot n'est échangé. Les policiers appartiennent à une unité territoriale de quartier (Uteq), un dispositif imaginé par la ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, pour recréer une forme de police de proximité, capable de tisser des liens avec les habitants.

Mais à Villiers-le-Bel, depuis son installation début juin, la proximité reste, pour l'heure, largement théorique. Ces patrouilles, sur le qui-vive, sont suivies en permanence par plusieurs véhicules de soutien qui vont et viennent sur l'avenue principale, une ligne droite de 500 mètres à peine qui relie la "ZAC" et la Cerisaie, les deux cités difficiles de la ville. "Les autres communes où des Uteq ont été mises en place ont aussi connu des phases de tensions", veut croire le maire socialiste de Villiers-le-Bel, Didier Vaillant.

La nuit, ces renforts augmentent encore : dimanche soir, six camionnettes de CRS, au moins trois véhicules banalisés, une voiture de patrouille et deux fourgons se trouvaient en permanence à proximité des fonctionnaires à pied. Les autorités policières expliquent que ce déploiement de forces est temporaire : "L'objectif, c'est que les patrouilles n'en aient plus besoin. Mais si on baissait la garde trop vite, on aurait immédiatement des incidents", souligne le commissaire Frédéric Auréal, directeur départemental de la sécurité publique du Val-d'Oise. "Les policiers viennent ici en mode guérilla. Ils arrivent habillés en Robocop et font comme s'ils étaient en territoire occupé", se désole un des animateurs du petit groupe.

Luc Bronner

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